C'est sous la forme d'une enquête liée à un étrange procès que le public découvrira les nombreuses contradictions, manipulations et distorsions de l’histoire tragique de la Corriveau, dont le drame résonne encore aujourd’hui.

 

La condamnation de Marie-Josephte Corriveau par une cour martiale britannique en 1763, après un procès dans une langue que l'accusée ne comprend pas, a pour objectif d'imposer l'ordre et la soumission au peuple conquis, de servir d'exemple. L'exposition dans une cage du cadavre de la Corriveau ne fait qu'accentuer l'horreur du destin tragique de cette jeune mère qui, juste avant de mourir, a avoué avoir tué son second mari.

 

Aujourd'hui, il est possible de déduire que Marie-Josephte était fort probablement une femme victime de violence conjugale, qui a désespérément voulu mettre un terme à sa souffrance pour protéger ses enfants. Près de 260 ans plus tard, Il est facile de faire un parallèle avec plusieurs cas d'agressions sur les femmes, récemment rapportés dans l'actualité québécoise, où l'agresseur a été entièrement disculpé, et les victimes, lynchées sur la place publique. Nous nous sommes posé la question: “Et si Marie-Josephte Corriveau était jugée aujourd’hui, comment serait-elle traitée? Quelle serait sa sentence?”. 

 

Comment cette jeune mère de trente ans s’est transformée en vieille et hideuse sorcière ayant tué sept maris et dont l’esprit revient encore aujourd’hui d’entre les morts pour tourmenter les hommes? Son histoire s’est déformée de bouches à oreilles, au fil du temps. Dans cette création théâtrale et musicale, l’histoire est racontée à travers la bouche de ceux qui n'ont pas assez parlé. Une histoire ancienne qu'il est pertinent de revisiter aujourd’hui puisqu’elle reflète certains rouages de notre actualité.

 

Marie-Josephte Corriveau entraîne dans son sillon des femmes par milliers, des femmes assassinées, des femmes pointées du doigt pour avoir parlé, pour avoir osé… 

Les sorcières d’hier ont mis au monde toutes celles qui brûlent encore aujourd’hui.

La seule chose qui a changé, c’est la façon de mourir.

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Dans les coulisses des répétitions...